Le langage conduit au Verbe en psychanalyse

Une fois maîtrisée le domaine de la psychanalyse il semblerait que tout tende vers le Verbe . Ne serait-ce pas l’ultime étape de l’évolutionnisme de l’espèce humaine ? Car sur notre planète tout est affaire d’évolution dans le genre vivant , humain et animal en général , du plus simple au plus complexe .

Pourquoi Freud disait que la religion est une illusion , en emboîtant le pas aux dialecticiens matérialistes qui eux n’hésitaient pas à la qualifier d’opium du Peuple pour reprendre la célèbre formule de Karl Marx .

Sans rentrer ici dans les opinions des uns et des autres , ni d’ailleurs dans les convictions respectives , nous nous attacherons à deux seuls cas que nous emprunterons à la religion chrétienne , à savoir d’une part le Verbe et d’autre part le Christ abandonné .

La trancendance du Verbe au Moyen-Orient de l’époque était non seulement une anticipation du désir humain inscrit dans une demande et un besoin eux-mêmes très pressants face aux pesanteurs des élites romaines et non-romaines de la période . Et si on s’intéresse à l’étude historique de la psychanalyse on notera que ces situations de désir anticipé ont toujours eu lieu avant des évènements bouleversants , tant sur le plan temporel que spatial . D’où le fait qu’elles soient appliquées bien avant la matérialisation desdites situations exceptionnelles , mais toujours en inadéquation avec leur but , et c’est cela qui fait affirmer que l’être humain est un être en manque récurrent . Car si le Verbe est une finalité , indépendante de l’action de l’être humain , ce dernier ne sera toujours considéré que comme une modalité dans le développement perfectif du langage vers le Verbe .

En ce qui concerne le cas du Christ abandonné , sa crucifixion l’expose aux forces supérieures ( en l’occurrence Dieu ) , de la même manière que tout être humain abandonné qui n’a plus de volonté . Le psychanalyste retrouve cette situation grave dans tout dépressif . Tout cela aboutit à conclure que tous nos maux mentaux sont atemporels , et que tout doit nous mobiliser à nous méfier des solutions systémiques qui naissent de telles situations .

Car si dans le monde animal l’instinct pousse à lui dire qu’il faut manger pour survivre et se développer , dans notre monde humain le langage pousse l’homme à penser pour évoluer vers le Verbe .

 

La sortie d’une cure analytique .

Cette sortie de cure pose pas mal de problèmes tenant au désir même du patient . Et on sait que ce dernier est en constante quête . Or nous avions déjà souligné dans ce blog  que le silence du psychanalyste était une nécessité du fait que le patient conduisait lui-même les débats . Et pour cause , c’est qu’à un moment donné sa parole intérieure insistait tellement qu’il était obligé de la livrer afin qu’elle fut décryptée par son psychanalyste en fin de cure , car butant sur le silence de ce dernier .

Le silence de l’analyste et la parole délivrée de l’analysant ne correspondent aucunément à une quelconque règle régissant le déroulement des cures en général , bien que les professionnels se rattachent aux fondamentaux de la théorie freudienne de la règle fondamentale . Il faut ici plutôt voir que la parole abandonnée de l’analysant va conduire d’elle-même à la sortie de cure , non pas par la compréhension logique d’un passé personnel du patient ( démarche à-prioristique ) dans lequel par répétition il a cru y voir la source principale de sa symptomatologie , mais par la perception environnementale et relationnelle de son assise , bref comme disait Lacan de sa place vis à vis du grand autre ( Autre ) qui occupe un lieu ( démarche à-prioristique ) .

A partir de là le silence du psychanalyste va permettre de rattacher les signifiants du patient à d’autres signifiants ( car on sait que ces derniers rebondissent d’un sujet à un autre sujet de l’inconscient ) , mais surtout de replacer ces dits insistants qui sont rappelons-le intra et extra-subjectifs , à l’intérieur d’un flux , bref d’une chaîne signifiante .

La sortie de cure va permettre au patient de s’écouter plus facilement , à la seule condition de rattacher ses pensées dans une logique antérieure et postérieure à sa propre existence .

 

Idées envahissantes (suite)

Elles sont liées au refoulement originaire.
Les refoulements secondaires les ont construites et surtout affinées tout le long de nos devenirs respectifs.
Avec le temps elles semblent trop insister chez chaque individu, car comme le vin elles se bonifient; et ici en l’occurrence elles insistent dans l’approfondissement d’un sens à dégager d’un labyrinthe .
Il est certain que cette insistance semble de prime abord insupportable pour toute personne, y compris pour celles en apparence stables ou dites équilibrées .

L’humain nous l’avions dit est tributaire lors de sa naissance de la notion freudienne de spaltung qui est synonyme de clivage ou de division.
Ces voix internes doivent se ranger logiquement dans cet humain de double constitution subjective, propre à toutes personnalités .

Entendre des voix n’est ni le commun de personnalités névrotiques et psychotiques comme cela semble apparaître de prime abord, mais bien la généralité de l’ensemble des individus psychanalytiquement constitués . Elles ne sont pas non plus la marque d’une symptomatologie à découvrir .

 

Mathème du désir et du langage .

L’expérience psychanalytique montre très bien qu’est à l’ oeuvre une construction permanente du langage à laquelle nous participerions tous, et dont l’ Autre est le maître d’ouvrage .

C’est le processus primaire et son étude qui a démontré la suprématie du désir dans nos intersubjectivités jusqu’à établir la régle de la primauté du signifiant sur le concept .

Nous avions déjà montré le parallèle existant entre l’évolution de l’instinct dans la survie de l’espèce animale et le développement du langage dans le monde humain .

Il est indéniable que le désir en tant que modalité de développement du langage humain voire de quête permanente, serait une dérive de la notion biblique d’Amour .

Quant à lui le langage apparaît comme une dérive du Verbe .

La conclusion s’imposerait : l’étincelle initiale ou big bang a créé le Verbe, et ce dernier le langage . Et à partir de ce dernier nous combattons tous pour retourner vers l’initial ou le Verbe .

Psychanalyse et philosophie

Il ne faut pas s’y méprendre ,  leur domaine est différent quant à leur objet , et même quand on considère ce dernier domaine ,  on est en train de se rendre compte apparemment qu’il existe une similitude quant à l’utilisation d’une terminologie qui semblerait commune .

Car la formation des uns et des autres est commune.

Les psychanalystes ont une formation philosophique que n’ont pas nécessairement par réciprocité les philosophes , même si ces derniers s’intéressent à la chose psychanalytique , autodictadement ou par nécessité .

Si le philosophe s’intéresse à la sagesse comme d’ailleurs le psychologue qui est omnubilé par le bon sens quotidien d’adaptation de l’individu , la démarche de recherche est à trouver à des niveaux différents , entre le psychanalyste et le philosophe.

La formulation alchimique entre ces deux champs de la connaissance est située au point d’intersection entre essence et existence et entre destin et destinée.

Si la chose semble compliquée c’est que l’être humain l’est dans sa consistance.

Lacan prenait souvent cette métaphore dans la direction de la cure : « Si on me réduit à un rien que je ne contredis ne pas être , on ne peut pas non plus me réduire à ce que je ne suis pas , car immanquablement sans m’en rendre compte , on me fera les poches ».

 

 

 

 

Le trésor du signifiant 2

On sait que l’inconscient structuré comme un langage est composé de signifiants qui sont ses éléments constitutifs , et on a appris que ces mêmes signifiants sont de l’ordre du désir .

Plus  qu’intriquée au langage , on a appris aussi que la psychanalyse saisit finalement la sexualité qu’elle repère toujours sous la forme du désir , comme intrinsèquement liée à la loi de l’ordre symbolique qui préside au langage , et qui constitue le lieu d’émergence du sujet comme subjectivité .

Cette complexité qui dépasse l’entendement de chacun se vérifie dans nos quotidiens  dans les avatars de la relation intersubjective , tels que l’usage de la parole et de sa destination en autrui en deviennent obligatoirement des passages obligés , que la névrose balise constamment .

Car les névroses sont des figures qui s’ouvrent sous forme de pièges possibles dans la situation du sujet , en tant qu’il est sujet de la communication .

Sans compter que cette même communication inter-individuelle est dominée par l’équivoque qui place le sujet de l’inconscient ou individu dans des situations de tromperies et d’incompréhensions réciproques , via des dits et des paroles le plus généralement menteuses .

Si la cure analytique surprend l’analysant dans de telles situations , elle sert l’analyste qui doit replacer ces dits dans un contexte de flux signifiant , afin de ne pas tomber dans une démarche de psychologie psychologisante , comme les américains béhavioristes qui interrompent la cure du sujet en lui délivrant une bible qui certes est un trésor , mais pas le même trésor qu’est ce pour quoi nous luttons constamment : élaguer ce désir signifiant obsédant .

S’il n’y a pas d’ Autre de l’ Autre , il y a bien un trésor du signifiant au sein de l’ Autre , qui devient le Graal des temps modernes , et que malheureusement le temps passé avait assimilé à un Graal par méconnaissance .

Desmond Tutu avait dit que si Jésus revenait sur terre , Il deviendrait névrotique nécessairement face aux richesses du Vatican et surtout face aux parements du pape .

 

 

Le désir

Désir et satisfaction sont liés, mais sur un mode hallucinatoire.

A l’inverse du besoin qui se situe au niveau biologique et qui naît d’une tension biologique, le désir s’appuie dans son avènement sur la sphère du besoin, dont il se détache car son orientation propre est déterminée par son articulation à des signes.

C’est dans l’écart entre besoin et demande que naît le désir, irréductible au besoin, car négativement constitué par rapport à son objet qui ne devient intéressant que par son évanescence; irréductible à la demande, qui n’est pas appel au désir d’autrui, mais exigence imaginaire d’amour et de reconnaissance inconditionnelle.

Le discours du sujet est souvent demande de caution des figures illusoires, de l’assemblage imaginaire qu’il propose à un autre, et qui ne sont au fond que des façons de se saisir comme un autre.

La cure analytique en démontre du début jusqu’à la fin la pertinence.

Comme disait Jacques Lacan l’art de l’analyse doit être de suspendre les certitudes du sujet, jusqu’à ce que s’en consument les derniers mirages.

Il n’y a pas d’Autre de l’Autre

Célèbre formule de Jacques Lacan que l’on peut traduire aussi par il n’y a pas de métalangage .

Qu’est-ce-à dire ?  C’est que dans le monde signifiant auquel est assujetti tout individu , il n’existe pas de signifiant suprême et antérieur à ce dernier , dont la parole se laisse glisser dans le flux de signification , de la même manière que ses semblables .

Et pourquoi cela ? Tout simplement c’est que tout un chacun a dû passer par la castration , non seulement constitutive de l’être humain , mais aussi créatrice de langage à partir du refoulement originaire .

La conséquence de cette charpente réside dans le fait que chaque individualité va se mouvoir à l’intérieur d’une bulle , sans réel dépassement de ses parois , tout le long de chaque devenir .

La cure analytique n’a jamais produit des êtres humains appelés à gloser trancendentalement à défaut d’une telle consistance de leur nature même . Rappelons  ici que c’est l’analysant lui seul qui par sa parole libérée oriente sa psychanalyse dans une issue de sortie réussie dont la finalité n’a jamais été spirituelle . D’ailleurs ces orientations auraient dû depuis belle lurette être étudiées et approfondies par les religieux eux-mêmes dans le constat des désaffections de leurs paroisses , comme elles l’ont été au Japon ou dans les pays arabes pour ce qui concerne le domaine de la laïcité ( c’est ce qu’ on peut noter aujourd’hui en Tunisie , en Egypte voire même en Libye ) .

Le langage ou inconscient constitue l’être humain à la fois dans ses modalités mais aussi dans ses finalités . Et tout le monde : dominateurs , dominés , homosexuels , travestis , gangsters , politiciens , et même religieux , sont obligés de passer par ce trou béant ( la castration ) qu’a ouvert le symbolique ( langage ) à sa création , et qu’il tente de refermer sans succès . Voilà la grande aventure de la conscience du vingt et unième siècle .

 

 

Insomnies et psychanalyse

Sans rentrer dans la rubrique troubles du sommeil ou autres analyses en la demeure , tout ce que l’on peut déjà dire c’est que personne n’est mort d’insomnies .

Il ne s’agit pas ici de délivrer des recettes pour mettre fin à cet état , la psychologie comportementaliste ou béhavioriste en fournit quelques unes dans les fins de pages de certaines revues , par exemple celle de mettre son réveil à six heures le matin et de se coucher à minuit pile , puis le jour suivant de dormir à 23 heures trente jusqu’à 22 heures à la fin du cycle des trois nuits suivantes , tout en gardant cette même heure de réveil ( 6 heures ) , et de coucher à 22 heures  , et à conditions aussi de s’interdire de dormir dans la journée via une sieste de courte durée . Cette démarche aboutira à coup sûr à avoir un sommeil ininterrompu de huit heures d’affilée .

 

Si ce décalage évolutif de trente minutes aboutit à d’excellents résultats , il n’en reste pas moins qu’il ne règle pas le problème .

La psychanalyse a toujours posé le problème du SENS , et dans le cas de l’insomnie ce problème est crucial .

Car si les règles psychologiques résolvent certaines modalités de ce problème de manque de sommeil , elles sont loin de les résoudre au niveau des finalités , du fait que l’insomnie traduit un message qu’il faut décrypter .

L’ethnologie contemporaine a amplement inspiré la psychanalyse lacanienne pour aboutir à une redéfinition de nos mots mentaux courants , notamment suite à l’analyse de l’inconscient structuré comme un langage .

Comment voulez-vous que ce qui insiste chez nous tous , qui nous parle , ne se découvre pas dans nos réveils brutaux ?

Quels seraient les autres moyens pour faire passer dans nos inconscients des messages atemporels , passés et futurs , spatialement et dans le temps ? Car ce n’est pas l’angoisse qui met fin au sommeil de l’individu , mais bien le cerveau qui travaille sans l’intervention de ce dernier , et qui aboutit à l’angoisse .

 

 

Le manque .

Le manque nous traverse tous depuis notre naissance . Nous avons déjà vu que cette situation se créait et était liée indissociablement au refoulement de sentiments vis-à vis des parents . Car pour accéder à l’inconscient ou au langage inhérent à tout être humain il fallait obligatoirement se séparer et se défaire de ces sentiments amoureux pour les parents .

Mais il faut rappeler que même si cette situation se fait pacifiquement pour la majorité des individus, il n’en n’est pas moins vrai qu’elle va accompagner chaque être humain dans une intersubjectivité addictive . C’est-à-dire de l’amour vis-à-vis des parents on va passer à l’amour des autres .

Car l’intersubjectivité ne va devenir que la poursuite de la période infantile désirante de l’infans .

Nous allons tous nous mouvoir dans ce lieu interindividuel de manques les uns vis-à-vis des autres.

La psychanalyse montre bien que nous sommes déterminés non pas par des flux et des mouvements à caractère objectif mais bien par des chaînes désirantes ou manquantes ( signifiants ), qui ont un fondement plutôt subjectif .

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