Le déterminisme et la psychanalyse .

Il est frappant de noter que l’action inconsciente de l’individu se construit au fur et à mesure des effets tant subjectifs qu’objectifs de son extériorité .

Et cela en fonction des évènements et des subjectivités qui trouvent leurs origines dans le grand autre ( Autre ) . On avait déjà souligné que ce dernier était un creuset de désirs et de manques en constant mouvement , constituant par là-même via les signifiants , le seul langage déterminant des individus entre eux selon la règle de la primauté du signifiant sur le concept .

Car la pensée de l’individu est avant tout envahie par des motions intellectuelles désirantes qui n’ont rien de conceptuelles , pour la simple et bonne raison qu’elles se sont élaborées à partir de la naissance de chacun , naissance qui a dû se faire via un jeu d’identifications et d’investissements sexuels dont les parents ont été ensemble les objets . Mais ajoutons aussi que cette construction ne s’est pas faite sans mal chez tout un chacun , ce que laissent présager les symptômes de la névrose , de la perversion et de la psychose .

Quoiqu’il en soit cet être de signifiants qui peuple notre avenir et notre devenir nous laisse toujours sur notre faim d’être inachevé et surtout d’être des êtres ratés . Et pour cause le désir qui nous constitue et qui nous détermine nous trompe souvent dans notre subjectivité .

Interdit de l’inceste

Avec les deux autres interdits qui frappent la conduite cannibale et l’acte meurtrier, l’interdit de l’inceste est celui le plus fondamental dans l’élaboration de la constitution du sujet.

Cela peut se résumer par l’interdiction de l’amour parental.

Nous rentrerons plus en détails dans la définition de la notion de complexe de castration et de sa manière de fonctionner pour les deux sexes vis-à-vis des parents.

Pour l’heure on analysera les conséquences au niveau du sujet de l’inconscient.

La renonciation au sexe parental va déterminer la naissance de la subjectivité dans le langage, pour l’infans.

Et cela l’accompagnera toute sa vie dans la détermination qui va en découler.

Cette renonciation est une véritable soustraction, un véritable abandon,matérialisée par la reconnaissance de la fonction paternelle.

Il est à noter au passage, l’influence que va avoir le sexe tout le long de nos devenirs et de son omniprésence permanente, y compris dans nos discours intellectuels.

Mais le plus important à discerner, c’est que pour être sujet responsable, il faut avoir passé avec succès, les étapes de refoulement initiales à caractère sexuel.

Le cas contraire, la vie de l’être humain va être hantée par ce passé mentalement douloureux.

Etant donné que ce passage - là n’est jamais réussi au maximum, il va y avoir des remaniements en cascade permanents dans le psychisme humain.

 

 

Métapsychologie .

Freud nous propose d’entendre par ce terme l’ensemble de présentations des processus psychiques, losqu’ils sont décrits dans leurs aspects à la fois dynamiques, topiques et économiques .

Elle tend ainsi à désigner une démarche dans sa dimension la plus théorique, tout en étant l’expression d’une réflexion sur les fondements de la pratique analytique .

La métapsychologie va devenir ainsi une véritable science de l’inconscient . Va s’y découvrir et s’y manifester un jeu de forces s’accomplissant dans l’âme, comme la manifestation de tendances ayant un but bien défini et travaillant soit dans la même direction, soit dans des directions opposées . Cela va donc aboutir à une conception dynamique des phénomènes psychiques chez tout un chacun, qui a la particularité d’insister à défaut d’émerger dans le for intérieur, surtout en s’exprimant par des pensées envahissantes surprenantes, dont l’explication de leur fondement est économique au plan cérébral .

On sait que sur le plan topique nos fixations intellectuelles d’évènements psychiques sont tributaires des incidences et du rôle des divers systèmes ou instances en jeu .

Le point de vue économique maintenant, que nous avons soulevé dans l’introduction de ce message, inscrit la compréhension du fait subjectif humain sur l’énergétique des pulsions qui l’imprègne par là-même du caractère mythologique, ce qui faisait dire à Sigmund Freud que cette même théorie des pulsions est notre histoire mythologique personnelle par les scénarii, notamment sexuels qu’elle impose .

 

La psychanalyse trop dominée par un discours universitaire .

Déjà Jacques Lacan avait, à son époque, souligné dans son analyse des quatre discours, cette incapacité des psychanalystes à se départir d’un discours trop élaboré .

Bien que lui-même n’avait pu y échapper, il n’en demeure pas moins vrai que son souci était important ( voir « discours courcourant » ) .

N’empêche que cela pose une question fondamentale . La psychanalyse est-elle réservée à des initiés ? A des personnes qui doivent garder un pouvoir de compréhension dans leur cercle restreint et élitiste ?

Notre approche ici ne peut se résoudre qu’à un apperçu hâtif d’une terminologie que nous développerons ultérieurement .

A la notion de symbolique nous parlerons désormais de Manque général ; à celle de signifiant de  Manque en particulier; car l’être humain est dominé par un manque récurrent .

Il en va de même de notions fondamentales, par exemple toutes celles qui ont trait à l’assise et à la base constitutive des êtres humains que celles relatives au fonctionnement et au devenir de ces derniers . Pour les premières qu’ils s’agissent notamment des termes relatifs à l’appareil psychique, aux principes et aux processus primaire et secondaire, que pour les deuxièmes qui ont trait essentiellement à la notion de répétition .

 

Les refoulements secondaires .

Ce sont les refoulements secondaires que je préfère appeler refoulements signifiants qui vont réellement constituer le sujet en tant que sujet de langage, sujet de l’inconscient et donc sujet voué au désir, et donc au manque tel que le complexe de castration l’impose .

Ce refoulement est possible sur la seule base de substitutions signifiantes dont la métaphore paternelle annonce l’ouverture, et assure la répétition .

Pour le psychanalyste il s’agira durant le déroulement de la cure d’interroger l’analysant sur ce qui a déterminé le plus ses refoulements multiples durant son devenir, de faire une véritable enquête sur son entourage plus ou moins proche, étant donné que c’est ce dernier qui sera responsable de ses problèmes et donc de sa symptomatologie liés à ses refoulements secondaires  . Mais l’entourage ne sera pas responsable directement mais bien indirectement, du fait que lui-même est soumis à la loi du signifiant avec le refoulement proprement dit qu’il impose .

On le voit bien la situation de l’individu est très liée à une véritable bataille rangée intersubjective de refoulements multiples , et ajoutons que ce sont ces derniers qui imposent nos idées envahissantes axées sur le désir .

 

 

fin d’analyse II

En fin d’analyse l’être humain dit entendre des voix, notamment quand il est dans une position allongée.

Comme si avoir un regard nouveau pouvait néanmoins le faire basculer dans une position de non-prise, face à cette inflation de paroles internes.

Mais la connaissance passe par cette situation inconfortable.

Connaissance que nous sommes agis par un langage, préexistant à notre venue sur terre ( que l’on surnomme fatum voire même oracle ) , et qui existera après notre départ, et dans lequel nous avons participé un temps soit peu à son élaboration , au cours de nos existences.

Aussi minime que notre participation s’est opérée . Comme disait Lacan, nous sommes des parlêtres .

Les moines bouddhistes face à cette ébullition langagique savent garder le silence (  car le silence est d’or ).

Les moines chrétiens quant à eux préféraient s’éloigner des turbulences des villes.

Quand le psychanalyste garde le silence face aux dits de l’analysant, surpris par cette démarche, il ne fait rien d’autre que d’avoir un comportement d’observateur face aux manifestations de l’Inconscient, face à cette fameuse ébullition langagique.

Quant à eux, les dits des analysants doivent s’inscrire dans un flux de langage, une chaîne signifiante; bref une détermination symbolique, qui met en présence les autres individus et que scientifiquement on appelle l’intersubjectivité, facteur déterminant de la compréhension du devenir de la subjectivité .

Les dépendances .

Les dépendances humaines sont de deux sortes , à la fois subjectives et objectives .

Il est intéressant de noter actuellement la prise de conscience de toutes les addictions de nos extériorités , qu’il faut expliquer en grande partie par l’urbanité de nos conditions de vie ( villes de grandes solitudes ) avec les déracinements qu’elle a impliqué , la concurrence effrénée dans les milieux professionnels ( car il n’y a pas de places pour tout le monde du fait de la longétivité de nos vies ) …

L’évolution actuelle tend à comprendre que la dépendance n’est pas nécessairement cantonnée à un produit (orientation objective ) , mais qu’elle l’ est aussi à des personnes ( orientation sujective ) .

Il ne s’agit pas ici d’examiner les fondements narcissiques et d’identifications que les dépendances notamment subjectives impliquent , mais plutôt de les rapporter aux gênes et angoisses qu’elles suscitent chez tout un chacun .

C’est Lacan qui s’est intéressé à la superficialité de nos relations amoureuses qu’il recadrait dans un lieu qu’il qualifiait de « on s’y m’aime », reprenant ainsi les termes de Serge Gainsbourg  » je t’aime moi non plus  » . Sans oublier sa célèbre formule qu’il n’y a pas de rapport sexuel dit dans le sens que l’acte sexuel est evanescent car il ne s’écrit pas  et reste dans le réel . Sans oublier aussi sa conception de la vie sexuelle qui ne se résume en rien à de la procréation comme dans le monde animal , mais bien à la naissance de signifiants qui vont s’agencer dans les signifiants actuels .

Prendre conscience de nos deux sortes de dépendance permet à l’être humain de se dire qu’il existe en lui la possibilité de suspendre le temps pour conclure , et d’allonger le temps pour comprendre . Etape de conscience nécessaire face à toute organisation de son temps dans des chapelles en tout genre , dans des institutions aussi diverses que sont le couple , la famille , l’entreprise …

Si l’être humain ne se permet pas de pauses , il sera continuellement basculé dans des situations d’entre-deux : dans lesquelles il aura toujours été au lieu d’être .

 

C’est le présent qui influence la psychanalyse du patient .

A ce sujet force est de constater au cours d’une cure , le rappel incessant du curiste psychanalytique de son passé .

Même si ce dernier est pesant , il ne faut pas oublier que dans le cadre de l’inconscient structuré comme une chaîne de signifiants , ce sont eux qui ont le dernier mot .

Qu’est-ce à dire ? Les signifiants sont atemporels , c’est à dire qu’ils existaient avant le sujet , qu’ils existent pendant le devenir du sujet et qu’ils demeureront après la vie du patient . Si on ajoute à cela qu’au cours de la vie du sujet ils rebondissent d’un individu à un autre individu on voit l’orientation que doit prendre une cure analytique vers le présent et non tourné sur des évènements que tout individu a pensé avoir vécu .

Ce sont les relations humaines au quotidien qui façonnent l’être humain véhiculées par les signifiants , et ce n’est pas le passé et les blocages qu’il induit qui est créateur de ratage pour l’individu , mais un rien , un réel qui a été exclu du champ symbolique de l’individu .

Aucun être humain du fait de la castration ne peut avoir d’emprise sur son carré de signifiants dont il est effet de coupure . Et ces signifiants se meuvent dans le présent du sujet de l’inconscient .

Pour l’heure nous conclurons que tout être humain d’une part ne rate pas sa vie car il n’a aucunément les moyens vis-à-vis du mouvement des signifiants qui le détermine d’avoir la possibilité même de pouvoir et de vouloir le faire , et que d’autre part il s’agirait de savoir si dans notre époque un recentrage du désir imaginaire (demande) et du désir réel (besoin) ne serait pas à faire vers le désir symbolique ( signifiant) .

Car l’image envahissante actuellement véhiculée par nos mass-médias dénature complètement le désir symbolique qu’avait systématisé dans leur grandeur les ethnologues et anthropologues dans leurs divers écrits . Le cas contraire pour nos sociétés le réveil risque d’être brutal .

 

La sexualité

Il faut avoir une conception élargie de la notion de sexualité.

L’extension de son domaine au-delà de la stricte génitalité,la mise en échec d’une distinction exclusive entre la sexualité dite perverse et celle supposée normale, la reconnaissance d’une sexualité infantile, l’intuition du symptôme comme manifestation sexuelle particulière,sont autant de thèmes extraits de la pensée psychanalytique et digérés par la mentalité commune.

Le rapport de l’homme à sa sexualité est psychanalytiquement parlant,conflictuel,équivoque et énigmatique.

Car la psychanalyse,au lieu de saisir le sujet dans un rapport d’immédiateté à sa sexualité,le fait apparaître en lui comme un corps étranger.

La psychanalyse confirme par ailleurs l’insuffisance du rapport sexuel avec le partenaire de sexe opposé, comme norme de comportement universel, qui serait plus considérée inhibitrice,jusqu’à la constatation de diverses pratiques sexuelles dites « déviées »,mais »normales ».

 

 

La notion fondamentale de relation à autrui en psychanalyse .

La relation à autrui va exprimer l’opération par laquelle l’être humain se constitue, le processus par lequel sa personnalité se forme, se transforme et se différencie, en faisant siens des aspects, des traits, des propriétés pris sur le modèle d’autrui .

C’est dans l’étude de l’identification que le problème de l’identité personnelle, considérée non seulement sous l’aspect de sa forme, mais surtout sous l’optique de sa genèse, qu’elle contribue à inscrire sous le signe de la relation à autrui .

C’est dans la situation propre au complexe d’Oedipe que se manifeste clairement la fonction de l’identification, d’être le représentant, la trace des objets investis sur les parents, et auxquels l’être humain a dû renoncer sous la menace de la castration .

Par ses identifications, l’être humain va dresser en lui ces reliquats de ses relations d’objets investis ( les parents ) et ensuite abandonnés suite à la castration, matérialisés et dynamisés dans les instances intérieures ( Surmoi et Idéal du Moi ) dont se déterminent les relations intrapsychiques .

Tout cela confirme la particularité de l’identification de consacrer la hantise, dont ne peuvent se départir les formes intérieures où prend sa référence le sujet, de l’extériorité dont elles sont issues .

 

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