L’Autre source et destinataire du discours des êtres humains .

Il faut considérer deux grands stades dans la vie de chacun .

D’abord un stade de la création de sa propre constitution lorsqu’on était enfant et qu’on a déjà étudié dans le cadre de l’analyse du refoulement originaire, et ensuite le stade de la détermination symbolique suite à l’accession de tout un chacun dans le langage que domine l’Autre .

Car sujet voué au désir, l’être humain va constamment dans son devenir être tributaire du discours de l’Autre .

Ce Dernier va animer nos actions qui vont toujours être tributaires de l’extériorité et de l’intersubjectivité de nos assises respectives, car Il devient un véritable creuset de l’ensemble des désirs des êtres humains .

L’Autre fonctionne de la même manière qu’une entité qu’on a du mal à digérer en théorie .

C’est la cure qui va décortiquer ce mouvement de l’inconscient ou Autre, grâce au recul qu’elle va permettre à tout individu .

Savoir différer sur son désir .

Ce sujet ne consiste en rien à décrire et à avoir une attitude positive vis à vis de nos problèmes , comme l’enseigne la psychologie dite psychologisante .

Et pour cause c’est que tout doit s’inscrire en ce qui concerne le désir , dans une démarche objective qu’opère , que commande l’Autre ou symbolique . Et dans ce domaine il n’existe pas de recettes miracles visant à réduire les effets de l’Autre dans l’individu , pour la simple et bonne raison comme nous l’avions vu , c’est que l’être humain en tant que parlêtre reste tributaire du signifiant ,et surtout d’une insistance d’une chaîne signifiante qui lui parle constamment .

Savoir différer sur son désir va permettre à l’individu de suspendre le temps pour comprendre afin d’arriver à un temps pour conclure . Comprendre quoi ? Comprendre que le langage est le pendant de l’instinct . Et dans les deux cas ils participent à un évolutionnisme qu’avait décrit Charles Darwin au dix neuvième siècle .

L’être humain va participer à une évolution du langage de la même manière que l’animal , grâce à l’instinct , va participer à l’évolution de son espèce, comme l’avait souligné le fondateur de l’éthologie konrad Lorenz .  C’est pour cela que certaines religions extrême-orientales respectent les espèces animales, des plus ou moins développées, comme par exemple les insectes . Sans que l’on sache pour ces derniers à quel stade ils sont situés dans cette chaîne évolutionniste .

D’entrée de jeu on voit bien que face à ces forces évolutives en action , les recettes miracles des enseignements de psychologies douces ne peuvent pas avoir d’efficacité , car l’inconscient demeure cette force obscure qui doit se décrypter, à cause des difficultés théoriques du sens des contenus de la notion de refoulement originaire, créateur de la subjectivité humaine . N’oublions pas que la psychose s’analyse comme l’effet du rejet d’un signifiant principal, précisément celui du Nom-du-père, dont la forclusion barre l’accès de l’être humain à l’ordre symbolique, à la métaphore paternelle où il s’inaugure, et à la fonction signifiante du phallus, selon laquelle s’y articule la problématique de la castration.

Le cas contraire chaque individu va rester dans une position superficielle .

La pulsion .

« Le concept de pulsion , écrit Freud , nous apparaît comme un concept limite entre le somatique et le psychique , comme le représentant psychique des excitations , issues de l’intérieur du corps et parvenant au psychisme , comme une mesure de l’exigence de travail qui est imposée au psychisme par suite de sa liaison au corporel . »

Nous voyons par là-même la différence entre la notion de pulsion et celle d’instinct , défini pour cette dernière comme disposition innée , héréditaire , à des actes déterminés , exécutés selon des séquences peu variables .

On sait que le terme de libido sert à désigner en psychanalyse la manifestation dynamique dans la vie psychique de la pulsion sexuelle .

Si la psychanalyse a d’entrée de jeu abordé les problèmes d’insatisfaction et de symptôme au plan sexuel notamment, elle s’est intéressée aux inhibitions du but de la pulsion .

C’est à Jacques Lacan que revient le mérite d’avoir orienté l’analyse de la pulsion dans le champ d’autrui , dans une compréhension de son déploiement dans une perspective de l’intersubjectivité .

Mais la pulsion joue un rôle actif, observable dans la dynamique de l’être humain, notamment quand elle agit de façon inconsciente sur le Moi . Car ce dernier même s’il fait la part belle à la réalité dans une partie de sa partition ou division, tout cela reste inconscient dans l’autre partie, celle-là même relative à la méconnaissance et l’aliénation qui le caractérise .

L’ interprétation en psychanalyse .

L’ interprétation en psychanalyse doit trouver son assise et sa compréhension dans l’ intersubjectivité, afin d’y découvrir un sens à délivrer à l’ analysant au cours de la cure .

Car elle doit s’appuyer sur tout un processus évolutif et constructif  entre les individus au cours de leurs histoires respectives , et surtout s’ils ont été dans des positions à se rencontrer et à se mettre en rapport les uns les autres à leur insu, jusqu’à s’influencer mutuellement .

Ce qui faisait dire à Sigmund Freud :  » la psychanalyse n’est pas un d’ interprétation, elle est une construction . L’ interprétation porte sur un élément du matériel ( acte manqué, lapsus, etc…) . La construction, au contraire, porte sur le cours entier d’une exixtence, et notamment sur ses phases initiales déterminantes  » .

On voit donc bien que l’analyste est là pour délivrer et faire comprendre que nos situations présentes, nos destins respectifs sont issus de chaînes langagiques ou signifiantes ( « désirantes  » ), sorties de nos rencontres surprises intersubjectives, aléatoires et déterminantes pour nos devenirs .

 

 

 

 

La situation oedipienne aboutit à des conflits intersubjectifs .

Nous avions déjà parlé du complexe d’oedipe antécédemment et du refoulement originaire qui le créait, ce qui aboutissait en fait à la création même de la subjectivité .

Les principaux conflits intersubjectifs sont nés à partir de cette situation, à la fois dans toutes les structures plus ou moins étroites ou plus ou moins larges .

Ce qui faisait dire à Sigmund Freud que tous ceux qui passaient par l’ oedipe étaient obligatoirement inscrits dans une destinée qui les dépassait, tel l’oracle lancé au principal héros de cette saga antique .

Et de ce fait l’interprétation psychanalytique qui a lieu au cours d’une cure montre non seulement cette détermination au niveau de la naissance subjective en tant que critère statique, mais aussi dynamiquement dans le déroulement des flux signifiants en devenir .

Si bien que la réussite d’une sortie de psychanalyse va montrer à l’analysant que tout ce qu’ il a vécu est plus le fruit d’une conjonction de faits et de signifiants intersubjectifs, que le fruit d’un passé ou d’une histoire personnelle purement subjective .

Si bien que la détermination prend un sens objectif .

 

Idées et pensées envahissantes

Nous sommes tous envahis par des pensées et des idées incontrôlables.

Les psy modernes, notamment ceux adepts du New Age, passent leur vie à vouloir les extraire de l’inconscient du sujet.

C’est peine perdue.

Faîtes les sortir par la cheminée, aussitôt elles reviennent par la cave.

Ce n’est pas en positivant, comme ils disent, qu’on les retirera.

La démarche psychanalytique consiste à les rapporter au langage, dans lequel un rapport particulier s’établit entre l’analyste et l’analysant.

Discerner les pensées envahissantes liées à la psychose de celles qui sont liées à la névrose.

Dans un cas comme dans l’autre, elles ont leurs spécificités propres , j’ajouterai leurs  logiques propres , même si les premières, dans ce cas là, dépassent l’entendement.

Et pour cause , c’est que le langage et les signifiants qui le constituent , marquent la suprématie d’une connaissance supérieure à la connaissance conceptuelle.

Et tout cela est opéré durant le processus du refoulement , notamment du refoulement originaire .

 

 

L’homme et la femme en psychanalyse .

Le pivot signifiant ( le phallus ) par l’intermédiaire duquel s’accomplit l’engagement symbolique du sujet dans l’ordre oedipien, ne joue pas de la même façon pour l’homme que pour la femme .

L’homme fait sienne l’économie symbolique, et subit le refoulement qu’elle impose . Il fait siens l’interdit et la loi, dont il reconnaît le référent dans l’enjeu des désirs où il s’est introduit, comme étant homologue à une certaine réalité de son propre sexe . L’enjeu symbolique dont il s’est constitué est, de par ses déterminants ( le phallus et la référence au père ), de caractère masculin .

Le même processus, quand il a lieu pour la femme, s’inscrit sous le signe de l’ hétérogénéité . D’où un certain écart persistant entre la réalité de son être et l’ordre où elle se reconnaît comme ordre autre, ordre d’homme .

Ainsi se dégage mieux le caractère incertain du processus de refoulement chez la femme, de son usage propre du langage, et de la façon dont elle joue des attributs de la castration symbolique, sous les artifices que J. Rivière et J. Lacan ont nommé chez elle la mascarade .

Le complexe d’Oedipe va faire osciller la femme entre le fait d’une réalité propre qui persiste face à l’avènement de la loi, en tant que loi paternelle, et un ordre signifiant auquel elle peut accéder sans l’intermédiaire de son sexe anatomique . Et c’est dans cet ordre qu’elle va trouver la possibilité de sa représentation; comme si l’aveu de son être ne lui appartenait pas en propre .

 

La forclusion en psychanalyse .

La notion de forclusion, introduite par Jacques Lacan qui l’emprunte au domaine juridique où elle signifie la déchéance d’un droit non exercé dans les délais prescrits, et qui correspond à l’un des sens de la Verwerfung ( refus, rejet ) selon son usage freudien, sert à saisir la genèse de la psychose notamment à travers un rejet d’un signifiant fondamental, celui du Nom-du-père, dont la forclusion barre l’accès du sujet à l’ordre symbolique, et à la métaphore paternelle où il s’inaugure, et à la fonction signifiante du phallus, selon laquelle s’y articule la problématique de la castration .

Le problème de la forclusion comme conséquence de la pathologie de la psychose conduit à la perturbation du rapport à la réalité pour l’individu, ainsi qu’il marque aussi son échec de sa situation à la communication intersubjective .

C’est dans cette situation que l’on voit bien par la négative le lien intime entre notre aperception de la réalité et la position qu’occupe autrui comme source et comme destinataire de la communication .

La forclusion comme abolition symbolique rend problématique la fonction du signifiant dans nos relations pour certains sujets, et surtout pour le psychanalyste appelé à  » socialiser  » en vain les psychotiques .

Mais cette situation paradoxale a la particularité de nous montrer tout le panorama des différents psychismes constituant la psychanalyse, et surtout l’inconscient du langage .

Les règles motrices psychanalytiques qui façonnent le déterminisme humain .

Dans l’architecture intérieure de tout être humain, il existe une notion fondamentale qui est la pulsion, dont la particularité essentielle repose sur son caractère conservateur; et d’être aussi un foyer de résistance, ainsi qu’un lieu de détermination car outrepassant l’autonomie décisionnelle subjective .

On peut donc reconnaître dans l’inconscient psychique la suprématie d’une compulsion de répétition provenant des motions pulsionnelles et dépendant vraisemblablement de la nature la plus intime des pulsions, suffisamment puissante pour se placer au-dessus de tout principe régissant paisiblement nos vies intérieures, dont la pulsion de mort en constitue la principale marque la plus extrême, et qui ne cesse de nous déranger dans nos vies quotidiennes, de par la soudaineté de sa survenue dans nos actions .

Ce serait la première règle régissant le déterminisme humain .

La deuxième règle la plus importante est le caractère compulsionnel de la répétition, née du complexe d’OEdipe, complexe universel du genre humain qui va véritablement devenir support de la répétition, entendue suivant les effets du refoulement originaire . Conflit et répétition vont devenir des signes qui ponctuent, lors des moments critiques de son existence, le texte de la vie du sujet .

 

Les programmations chez le sujet de l’inconscient

Elles ont lieu par et pour le langage et constitueraient une des trois déterminations à côté de celles biologique et socio-culturelle .

Se posent les questions de savoir si elles sont cumulatives ou alternatives , voire laquelle prime sur les autres .

Les déterminations psychiques dominent par rapport aux autres parce qu’elles sont véhiculées par des signifiants .

Or nous avons vu que le signifiant prime sur le concept , et que le concept est le discours de la science et de l’université . Et dans ce cas ce discours aboutit à la forclusion du signifiant qui rappelons-le est lié au refoulement originaire constitutif de la subjectivité , qui naît suite au complexe de castration .

Le signifiant implique de la part de l’analyste une démarche intellectuelle particulière qui n’a rien à voir avec la rationnalité , mais tout à voir avec un domaine propre régi par les règles INTUITIVES du processus primaire .

Ces règles concluent à une vision essentialiste et non existentialiste de l’être humain .

Si les déterminations trouvent leurs origines dans l’intersubjectivité , les programmations quant à elles sont issues d’un ensemble de lois générales qui régissent le fonctionnement psychique .

C’est pour cette raison qu’à tel moment ou tel autre , l’être humain aura un oubli , un lapsus , un blocage ou autre chose dont l’inscription dans un flux langagique trouvera sa signification .

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