La fonction qu’a le pénis en psychanalyse

Si le terme de pénis désigne l’organe sexuel mâle dans sa réalité anatomique , celui de phallus , employé dans l’Antiquité pour nommer l’emblème représentant le membre viril en érection , symbole mythologique de la fécondité et de la puissance naturelles , sert en psychanalyse à indiquer la fonction que le pénis remplit au regard de l’inconscient .

Et cette fonction va se jouer sur deux plans bien distincts , d’une part la perception de l’absence du pénis chez la mère pour l’infans lors des débuts de sa constitution de sujet de l’inconscient puis de son accession au symbolique via le refoulement originaire , d’autre part par l’envie du pénis constitutive de la sexualité féminine .

Ces deux cas qui à priori semblent originaux , ne le sont pas au niveau du monde signifiant , monde objectif , du fait du caractère universel de leurs existences .

La fonction d’absence de pénis va se retrouver de même dans la genèse de la théorie freudienne de la perversion , et notamment dans le fétichisme dans lequel va être repéré un déni , un désaveu de l’absence de pénis chez la mère qui précipite l’être humain dans une division (spaltung) où une partie de lui-même reconnaît le fait de cette absence et la castration symbolique comme exclusion du signifiant phallique qui s’y articule , pendant que l’autre les désavoue .

Le deuxième aspect de cette fonction du pénis en psychanalyse se retrouve dans la sexualité féminine et de son complexe de castration qui prend chez la fillette la forme d’une envie du pénis . La sortie de cure va délivrer à l’analysante que l’envie d’un enfant masculin se dégage à partir de la fonction oedipienne de l’envie du pénis chez elle , et non d’un désir de procréation qui n’est pas fondamental dans le règne langagique , comme il l’est dans le monde animal .

On le voit bien les particularités de ce sujet sont fondamentales par la suite , pour le devenir des patients , eu égard à leurs fonctions désirantes et surtout à leurs places dans le symbolique .

Condensation et déplacement

Ces deux termes sont à la création même d’un domaine d’action de l’être humain , à savoir le domaine de l’inconscient , qui  fait agir l’individu à son insu sur une autre scène , comme aimait à le dire Freud .

La condensation consiste en une représentation par un élément unique d’une pluralité de thèmes inconscients notamment dans les chaînes associatives .

Le déplacement consiste en un report d’une représentation sur une autre avec laquelle elle se trouvait liée par leur co-appartenance à la même chaîne associative .

Loin d’être des mécanismes spécifiques du rêve , la condensation et le déplacement sont des modes essentiels du fonctionnement des processus inconscients primaires , et sont au travail dans les diverses formations de l’inconscient , par exemple dans les symptômes , les traits d’esprit et les lapsus .

L’introduction du processus primaire marque l’intuition psychanalytique de l’existence d’un domaine régi non pas par le poids du concept , mais par le mouvement des signifiants indépendamment de lui .

C’est toute la différence entre la rationnalisation et l’intuition , entre la science et la psychanalyse , qui en fin de cure permet à l’analysant d’accéder à une connaissance spécifique .

La primauté du signifiant sur le concept , démontre le caractère supérieur de la castration qui constitue une connaissance exceptionnelle .

 

La surdétermination en psychanalyse

La surdétermination au plan théorique a été élaborée à partir de l’analyse des rêves et de leur interprétation .

C’est-à-dire qu’une bonne partie de son élaboration a laissé de côté les pensées latentes et non-latentes .

Je pense que cela est dû à la peur d’expliquer l’origine de certaines pensées .

Comment comprendre qu’à tel moment surgit dans notre psychisme telle ou telle idée à laquelle on aurait jamais pensé plusieurs moments à l’avance ?

Et pourquoi à tel autre moment n’avons-nous pas telle réponse à une question qui nous obsède , et que plus tard la solution à ce problème donné advient au psychisme , de façon limpide.

Ce qui surprend c’est la cohérence de ces pensées envahissantes  qui faisaient dire à Jacques Lacan qu’elles parasitaient quasiment le sujet de l’inconscient.

Nous reviendrons ultérieurement sur les mathèmes relatifs notamment aux trois registres du réel , du symbolique et de l’imaginaire ,  pour affiner l’analyse que ce qui n’advient pas dans le symbolique retourne dans le réel et vice-versa , et qu’il faut considérer ce mouvement des pensées comme un jeu de ping-pong .

Et comme toute pensée et toute idée viennent de l’Autre , le travail de l’analyste va bien être de travailler la surinterprétation , témoin de la précarité de la fixation première d’une idée signifiante , que vient rapidement renverser la poussée de ses couches plus profondes , qui tendent aussitôt à faire surface.

 

Le silence du psychanalyste

Dans ce blog on avait déjà dit que le silence du psychanalyste ne doit aucunément être assimilé à la règle spirituelle que le silence est d’or,règle monastique.

D’ailleurs l’application de cette règle universelle,vérifiable dans tous les ordres monastiques,est la traduction d’une conduite défensive consciemment acceptée,nécessaire pour poursuivre le développement spirituel, loin des turbulences des villes, notamment.

Que ce soit dans le monde occidental ou dans les autres sphères de la planète,cette règle est appliquée rigidement.

En psychanalyse,le silence du psychanalyste n’a pas du tout cette même dimension.

Elle s’inscrit dans une section trans-individuelle et inter-individuelle.

Car le sujet de la psychanalyse est inscrit dans une chaîne parlée qui le précédait avant sa naissance,et qui va le précéder avant son décès.

L’analyste va livrer à l’analysant des éléments langagiques après la fin de cure.

Car ces éléments étaient tellement insistants,avant la cure,que l’analysant ne pouvait plus les digérer dans son quotidien.

Les exemples ne manquent pas de ces faits répétitifs,de ces coïncidences,de ces personnes qui disent au même moment des dits que le patient dit tout bas,voire de ces souvenirs prémonitoires…

L’analyste constate mais ne donne pas de solutions.

C’est l’Autre qui interpelle,qui force dans la subjectivité.

L’être humain est dépendant d’une sorte de machine à écrire,que Lacan assimilait à une structure qui dépasse toutes les individualités.

 

L’appareil psychique ( II )

Freud utilise la notion d’appareil psychique pour éclairer une certaine complexité du fonctionnement mental.

Dans cette notion est esquissée de façon figurée,une vision du psychisme comme architecture vivante.

Les métaphores,les comparaisons dont Freud fait usage pour en rendre compte,vont des appareils optiques de la « Science du rêve »(1900),au modèle biologique de « Au-delà du Principe de plaisir »(1920),jusqu’aux références à la physique de l’ »Abrégé de psychanalyse »(1938).

Comme quoi ces approches freudiennes infirment complètement les dits de ses critiques à propos de la psychanalyse.

Car Freud avait une démarche essentiellement pluri-disciplinaire,à la fois dans le domaine des sciences exactes comme dans le domaine des sciences humaines.

Dès cette époque il critiquait le champ de ce qui allait devenir dans l’avenir les neurosciences,en affirmant que la notion d’appareil psychique ne saurait correspondre à une théorie de localisations cérébrales.Etant donné qu’elle est à saisir à l’intérieur de la métapsychologie psychanalytique,dans sa valeur heuristique propre.

La finalité de la psychanalyse est bien la science de la castration : car la primauté du signifiant sur le concept,démontre le caractère supérieur de la castration qui constitue une connaissance exceptionnelle,et par là même une approche délicate.

 

La psychanalyse n’oriente pas l’individu, mais est influencée par ce dernier.

Le titre doit être situé dans le contexte d’une sortie d’analyse réussie.

Car le sujet de la psychanalyse est inscrit dans une création active d’un langage en constant devenir.

Avant l’analyse,au cours de l’analyse et en fin d’analyse,on assiste à une explicitation du désir,véritable moteur de ce symbolique,règne du signifiant.

Avant l’analyse,le sujet cherche toutes les modalités pour parvenir à définir ces manifestations souterraines de son psychisme.

Durant la cure,malgré les résistances imaginaires insignifiantes,il cherche à rectifier le tir ,aidé en cela par le silence de l’analyste.

La fin de cure,véritable traversée du fantasme,voire traversée du désert,lui permet de détruire tous les montages de son existence.

S’il n’y a pas nécessairement prise de conscience d’une logique du passé,il y a obligatoirement compréhension que chaque étape de sa vie a été construite par lui-même,influencé par des déterminations évolutives.

Ces dernières s’emboîtent les unes les autres,après-coup.

Les erreurs du passé n’en deviennent plus,après la sortie de cure,tout comme les idées négatives qui animent le sujet de l’inconscient dans son quotidien.

Comment vouloir qu’erreurs ou idées noires aient prises dans un contexte évolutionniste objectif?

Quand le langage nous interpelle dans notre sommeil ou dans d’autres situations,par des inflations de pensées qui nous surprennent,n’a t-il pas que ce moyen là?

La nature a ses moyens propres pour sauvegarder les espèces comme le langage a les siens propres.

 

Désir et désir d’un désir

On retrouve dans l’analyse du désir,fondamental dans la psychanalyse,cette démarche à partir de ce fameux chiffre 3 qu’on avait vu dans l’étude des trois registres,des trois instances et des trois symptômes.

Car le désir s’appuie dans son avènement sur la sphère du besoin,dont il se détache par la suite, étant donné que son orientation propre est déterminée par son articulation à des signes,alors que le besoin,purement « basic »,est du domaine de la nécessité biologique.

Le désir s’écarte aussi de la demande,troisième élément constitutif de l’extériorité du sujet,qui n’est pas appel au désir d’autrui,mais exigence imaginaire d’amour et de reconnaissance inconditionnelle.

Besoin,demande et désir apparaissent comme des expressions du mode d’engagement du sujet humain dans l’extériorité dont il dépend tout le long de son devenir.

Mais entre la contrainte abrupte du besoin,et l’exigence déjà subjective de la demande il est nécessaire de percevoir l’incidence de la présence d’autrui,qui assoit sur sa dimension intersubjective une interaction retenue auparavent dans sa seule dimension biologique.

Le désir devient donc une quête permanente à l’intérieur du psychisme humain,par ses aspects poussifs qui ne cessent d’inquiéter le sujet de l’inconscient (aspect interne), jusqu’à l’obliger à prendre des mesures de remaniement en cascade intra-subjectivement, elles-mêmes tributaires d’un environnement halluciné.

Mais aussi dans son aspect externe il devient désir d’un désir,rencontre de deux désirs animés par le manque,autrement dit de la castration symbolique.Dans ce cas-là le désir ne se décrète pas,il s’impose aux deux sujets de l’inconscient dont le sens est à trouver dans le mouvement du langage, dans le mouvement des signifiants.

 

Réhabilitation des symptômes dans une détermination du langage

La psychanalyse s’entend dans sa réussite pour l’individu, comme étape d’un développement et comme forme d’organisation.

En d’autres termes,elle est présentée en même temps sous les aspects d’un modèle historique,comme succession de moments,et dans un sens structural comme ensemble d’éléments interdépendants qui déterminent un type de fonctionnement propre. Et il ne suffit pas pour résoudre la réussite de sortie de cure d’affirmer que c’est grâce à l’explicitation du développement et de l’organisation du sujet de l’inconscient, que tout s’explique pour lui.

Car tout s’inscrit pour l’individu dans une situation de détermination.

Et tout ne se résume pas à une influense pesante du passé, notamment infantile.

Ce serait une synthèse entre l’histoire et le structural qui déterminerait l’individu.

Qu’on est loin encore d’une conception uniquement structurale de l’inconscient,qui a prévalu dans les milieux universitaires des années 80,comme loin aussi d’une conception historiciste des psychanalystes classiques.

Sexualité,symptômes et autres,n’apparaissent pour l’individu que comme étrangetés,comme  le champ privilégié où se révèle son inadéquation à lui-même.

C’est l’Autre qui utilise ces étrangetés à nos insus et qui nous font agir inconsciemment sur une autre scène.

 

Autre ou grand autre

Il est à la fois déterminateur et fédérateur.

Car le sujet de l’inconscient ne doit sa position d’ existence que par rapport à la présence d’autrui.

C’est sa raison de vivre dans le sens.

Et quand on développe ce sens durant le processus cural,le patient ne le situe que par rapport aux autres.

Ce qui est fondamental là-dedans,c’est que l’intensité de la vie du patient n’est variable qu’en fonction de son intégration perceptive et intuitive vis-à-vis de l’altérité dont il dépend,qui détermine sa participation au groupe sociétal.

A partir de là on doit mesurer symptomatologiquement les dysfonctionnements psychiques, suivant en cela les degrés plus ou moins grand d’intégration et de participation au groupe social de l’individu.

Le rôle de la psychanalyse n’est là que pour confirmer la place déterminée du sujet de l’inconscient,et de communiquer à ce dernier cette connaissance déterminatrice.

La psychologie classique quant à elle cherche à intégrer le sujet dans le lieu social,en méconnaissant le rôle du sens qui ressurgira un jour ou l’autre immanquablement.

Ce ne sont pas les problèmes psychiques qui façonnent l’individu,mais bien la façon pour ce dernier de les digérer.

C’est Lacan qui disait que l’individu n’existe que par rapport à son symptôme auquel il tient à tout prix.

Quand on dit que l’Autre est fédérateur,il l’est en tant que lieu par rapport à des individus qui occupent des places indépendamment de leur rapport à la névrose,à la psychose ou à la perversion.

 

 

 

Le vocabulaire de la psychanalyse lacanienne

Même si le vocabulaire de Jacques Lacan est riche,il reste néanmoins compliqué.

D’aucuns prétendent qu’au lieu de coller à l’individu,ce vocabulaire colle à la terminologie.

Il faut reconnaître que les principales formations des psychanalystes sont à la fois médicale et philosophique.

Pour se résumer elles rapportent l’individu,ou le sujet de la psychanalyse,à une formule à trois,correspondant aux trois registres que sont le symbolique, l’imaginaire et le réel.

A ces trois registres,précèdent trois instances de l’appareil psychique que nous avons déjà développé:le ça,le moi et le surmoi.( à utiliser avec majuscules de préférence).

Et à ces trois registres et trois instances,il faut ajouter trois symptômes,qui sont la névrose,la psychose et la perversion.

Le problème se complexifie lorsque instances et registres sont en mouvement.

Parce que dans l’individu tout bouge via l’inconscient,dont la principale caractéristique est l’insistance de la chaîne signifiante:traduction de voix ou de pensées intérieures qui font surface dans le psychisme de l’individu.

Insistance de la chaîne signifiante,de la signification,qui a la particularité de se répéter jusqu’à déterminer le sujet de l’inconscient.

Dans l’imaginaire,c’est le règne du moi,de l’égo,et à fortiori de l’incompréhension.

Dans le symbolique, c’est le règne du désir.

Et enfin le réel,c’est le domaine de tout ce qui ne relève pas du désir régnant et imposant.

D’où la nécessité pour le sujet de l’inconscient d’organiser et d’agencer ce réel face à l’appréhension qu’il a pour ce dernier:les exemples ne manquent pas, qui vont des manies dans la tenue vestimentaire,des manies dans les travaux ménagers ou des programmations d’emploi du temps détaillées dans des agendas.

 

 

 

 

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