Les interpellations du sujet par l’inconscient

Le développement de la conscience du sujet ne va pas sans grandes difficultés qui doivent être résolues au plus vite.

Les insomnies en sont la meilleure illustration.

Ce cerveau qui ne s’arrête jamais tout le long de la nuit conduisant à une inflation de pensées.

Pourquoi ces pensées répétitives sont présentes à cet instant T ?

Alors qu’elles ont été façonnées par le sujet de l’inconscient à son insu, tout le long de son histoire.

Leur développement suit la courbe de l’évolution de la prise de conscience du sujet.

Et c’est dans ce surplus de conscience, que l’inconscient ou Autre se manifeste le plus, interpellant le sujet de l’inconscient dans la voie d’une connaissance à décrypter.

Ce dernier devient acteur participatif et non plus passif.

Si le schéma est bien celui-là, il faut bien entendu le nuancer.

C’est le rôle de la symptomatologie à établir les constats, à déchiffrer les courbes variables des états subjectifs.

 

 

 

L’être humain :une dépendance

Le sujet de l’inconscient est dépendant de l’Autre et des autres.

C’est une véritable aimantisation qui s’opère.

C’est dans cette situation que se crèent des images.

Et c’est cela qui fait que l’être humain est un être de manque  récurrent.

La fin de cure permet de confirmer que le sujet est déterminé par l’inconscient dans une place, tandis que l’Autre ou inconscient serait un lieu.

Ne serait-ce pas un lieu spatial ? Dans un monde de signifiants en continuelles  évolution et construction.

Un lieu spatial bien étrange, dans lequel beaucoup de choses seraient voilées.

Un sens caché des choses.

La fin d’analyse permet au sujet de l’inconscient de mieux gérer son manque, ces dépendances à la fois objectives et subjectives.

Il s’agit pour lui aussi de prendre la mesure des effets non maîtrisables de son désir qui l’inquiètent dans son quotidien.

Les déterminations de l’Autre et le poids aliénant du Moi.

Tout être humain a à faire face  d’une part à une force objective matérialisée par l’Autre, et d’autre part à la force méconnaissante et aliénante de son propre Moi, qui constituerait pour cette dernière une catégorie subjective .

L’Autre serait ainsi l’ensemble des manques des autres dans une situation d’inter-manques, d’inter-désirs, bref d’interindividualité désirante source de nos conflits, pour la reconnaissance de nos situations respectives .

A noter que pour cette dernière analyse, nul ne veut reconnaître le désir de la personne qu’il a en face de lui si cette dernière ne reconnaît pas le sien propre. D’où les situations d’incompréhension réciproque intersubjective dans lesquelles chaque individu n’a d’écoute pour le message d’autrui, qu’à condition que ce soit le sien propre .

Ces situations d’impossible dialogue s’accentuent sur un deuxième plan par le caractère aliénant du Moi .

Dans un cas comme dans l’autre l’être humain n’est condamné qu’à constater les limites de ses paroles prises dans les déterminations de l’Autre, et de se rendre compte du poids aliénant du Moi .

S’il est difficile d’être reconnu pour beaucoup par ses semblables, cela tient à l’Autre et à la constitution interne du sujet ( Moi ).

 

La problématique de la castration

Tout sujet de l’inconscient , appelé à être voué au désir comme sujet désirant , est toujours attiré par un objet imaginaire dont le manque devient symbolique , car c’est comme tel qu’il le prend à son compte , dans la structure que lui impose le complexe d’Oedipe comme aboutissement ultime de la problématique de la castration .

Il faut donc souligner la distinction de cette notion avec celle de privation d’une part et de frustration d’autre part , deux autres expressions du manque d’objet chez l’être humain .

Si l’objet de la frustration est réel , son manque est imaginaire , car c’est sur ce mode qu’il est pris en charge par l’être humain . Le fantasme est la forme de solution à laquelle le Moi a recours , l’activité fantasmatique favorisant la possibilité de la frustration .

La privation désigne le manque réel d’un objet symbolique , dans la mesure où l’objet manquant a essentiellement une valeur privilégiée dans le champ intersubjectif .

Ces trois notions apparaissent comme des expressions du mode d’engagement de l’être humain dans l’extériorité dont il dépend tout le long de son devenir .

Mais le désir dont est issue la castration prime sur le besoin ( lié à la privation) et sur la demande (liée à la frustration) .

 

Le langage en psychanalyse .

C’est Jacques Lacan qui a orienté le décryptage de l’analyse de l’être humain en utilisant les outils de la linguistique .

Cette technique du langage permet de situer tout individu dans un milieu ambiant dominé par le discours et la parole, que règlent en linguistique les notions de signifiant et de signifié, et les notions de métaphore et de métonymie .

Mais comme le langage va impliquer la notion de manque ( dans le désir notamment ), on va assister à tout un remaniement intrapsychique que la cure va permettre . Ainsi donc tout individu va se situer plus ou moins près du signifiant si son refoulement originaire s’est bien effectué, le cas contraire il va se situer près du signifié s’il s’est trop attaché au désir de la mère .

Dans un cas comme dans l’autre cela implique bien que tout être humain est un être de langage, et que le langage va tout déterminer jusqu’aux plus gros dysfonctionnements psychiques .

Les moments clefs d’une fin de psychanalyse

Au patient il s’agit de lui restituer le sens des étapes de son devenir non pas tant comme recouvert par la poussière du temps , mais bien par l’émergence de faits nouveaux qu’il doit remanier et réactualiser sans cesse.

Et cela à la lumière d’un passé aussi pesant soit-il.

Passif ou réactif dans sa vie ,  l’être humain vit dans un tourbillon de faits dans lequel le temps de sélection lui fait défaut , et cela continuellement.

Si le désir constitue une quête qui l’inquiète le plus souvent , ce dernier s’inscrit dans ce que Jacques Lacan appelait « Le désir de l’Autre ».

D’où la démarche du psychanalyste de débarrasser au plus vite de son patient , ses erreurs de jugement que ce dernier a fortement tendance à raccrocher à son passé essentiellement , car n’ayant jamais eu les armes intellectuelles nécessaires pour se rendre compte qu’il élaborait lui-même son devenir en fonction de ces évènements évolutifs.

Mais la démarche du psychanalyste doit aussi se conformer à la thèse lacanienne , d’inscrire ce désir du patient dans une inter-subjectivité que commande l’Autre.

Et dans ce dernier cas il ne faut pas avoir peur de donner une consistance entitaire à ce dernier.

 

 

L’atemporalité des contenus inconscients

On sait que Lacan avait défini dans sa théorie de l’inconscient structuré comme un langage la notion de désir de l’Autre , qui pouvait surprendre au début , car aucune frontière ne séparait le terme entité de la notion de grand autre ( Autre ) , d’une part , et que d’autre part cette notion fonctionnait de la même manière que les désirs humains , dans son désir .

Désir de l’Autre et désirs des sujets de l’inconscient présentaient le désir sur un plan soit macro-psychanalytique soit micro-psychanalytique .

Les lacaniens ont dû préciser leur pensée en comblant le manque de définition de l’Autre . L’Autre ne désigne pas autrui avec qui entre en relation le sujet de l’inconscient , mais prend un sens topique , comme foyer des coupures de la chaîne signifiante dont se constitue le discours , lieu d’émergence du sujet de l’inconscient par un signifiant , qui ne le représente que pour un autre signifiant .

D’entrée de jeu on voit bien que tout individu va être véhiculé par le moteur du désir ou du signifiant dans sa vie sociale , par un manque récurrent , lui-même activé par le manque de l’Autre .

Si personne n’a osé théoriquement définir ce dernier comme une entité oeuvrant macro-psychanalytiquement , force sera de constater en fin de cure psychanalytique que tout patient est déterminé par l’influence de l’atemporalité des contenus inconscients de l’Autre .

Pour illustrer cette théorie je prends souvent l’exemple d’un patient en arrêt - maladie depuis longtemps qui voulait prendre le risque de partir en vacances de courte durée , car n’ayant jamais été contrôlé . Je le lui ai formellement déconseillé en lui disant que l’Autre restera toujours maître , via le manque , de remodeler l’espace-temps , même dans une courte durée , dans le cadre d’une interconnexion des désirs et des manques .

L’être humain et son désir

Ce titre pose le problème que Jacques Lacan avait développé au cours de son séminaire Encore , lorsqu’il disait que l’être humain devait savoir  différer sur son désir  .

Les armes intellectuelles qu’il disposait à son époque pouvaient être considérées comme désuètes au plan des modalités , n’empêche qu’elles étaient modernes pour notre époque sur le plan de la finalité .

D’un point de vue scientifique elles impliquent bien le fait que l’être humain est dominé par une force désirante que les psychanalystes appellent un flux signifiant , ce qui faisait dire auparavant à Freud que l’homme monte « un cheval qui le guide  » , bref , un cheval qui serait le seul maître à bord .

Mais se pose le problème insoluble qu’est-ce qu’il faut différer en la matière ?

Ou comment peut-on connaître le sens , la direction qui se posent à l’être humain à un moment T de son existence ? Et cela sans le savoir .

Les réponses nous les avons en analyse lorsque les patients nous livrent leurs dits qui traduisent tous la même chose c’est-à-dire que dans leur psychisme INSISTENT des idées les poussant à leur insu dans une direction .

Et ces insistances traduisent toutes la même idée , c’est que le sujet de l’inconscient n’a pas un choix clair ,  car pour reprendre un terme rugbystique il est « poussé  » dans une « mêlée poussive » .

Les conclusions qui en découlent sont à rechercher dans la direction d’un langage en continuelle construction  , et plus l’insistance est forte plus le rôle participatif du patient est grand .

Le sujet de l’inconscient participe à cette construction .

 

 

 

 

La relève freudienne de Jacques Lacan en Psychanalyse .

Il serait plus convenable de parler de relève structurale voire de réactualisation si ce n’est de mise à jour , car en psychanalyse il en va comme dans toutes les autres sciences , de la nécessité d’une modernisation à la fois dans le contenu comme dans la forme de cette discipline . Notamment à cause de l’apport d’autres cultures comme le structuralisme et l’anthropologie voire de la linguistique qui , sans contredire la pensée de Freud l’ont au contraire considéralement enrichie .

Jacques Lacan a surtout élaboré une théorie du sujet de l’inconscient qui a dépassé largement les règles émises dans la théorie de la règle fondamentale de Freud , qui rappelons-le est une invitation à une parole abandonnée à la libre association , situation dans laquelle le patient doit suspendre son intention de signification consciente , car c’est dans cette situation qu’apparaissent les consécutions des éléments signifiants , tels qu’en lui ils s’articulent , sous les aspects d’un discours dont est constitué son inconscient .

Or cet aspect singulier de la thèse freudienne est largement orientée vers la découverte fondamentale lacanienne de l’inconscient structuré comme un langage .

Langage articulé chez chacun de nous tous dans nos fors intérieurs qui va jusqu’à nous pousser à dialoguer avec nous mêmes .

Mais cette découverte doit être poussée plus en profondeur suite à la constatation d’idées et de pensées extérieures à nos propres psychismes .

Il est impératif durant la cure analytique de rechercher ces idées étrangères au psychisme car elles tirent leurs origines de l’extériorité du patient qu’il faut décrypter .

L’avenir nous montrera que ces nouvelles quêtes vont être opérées comme l’ont été les déchiffrages des anciennes langues dites mortes .

 

 

Le transfert

Si le transfert est une forme originale de relation entre l’analysant et le psychanalyste qui s’établit au sein de la cure analytique , il reste rétif à une tentative de définition précise .

La notion de complexe d’oedipe l’actualisera dans le sens d’une réédition des relations du sujet avec les figures parentales sur la personne du psychanalyste .

On peut le reconnaître comme un processus déterminant de la cure .

Le transfert peut être considéré comme une illusion dans laquelle le sujet appelle le psychanalyste , destinataire de son discours , à tenir lieu en étant personnifié , d’objet sur lequel s’actualise son désir inconscient .

La notion de transfert permet donc de montrer en amont la complexité due au jeu d’identifications et d’investissements sexuels de l’analysant lorsqu’il était enfant vis à vis de ses parents , et cette complexité va perdurer tout le long du devenir de l’analysant dans son désir .

On le voit bien l’être humain est dominé dans son mental par des pensées qui viennent de sa situation désirante . C’est bien cet ordre désirant ou symbolique qui prime sur un ordre conceptuel ou scientifique qui tire toute son origine du premier .

 

 

 

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