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Archive pour novembre, 2011

Le silence du psychanalyste

Dans ce blog on avait déjà dit que le silence du psychanalyste ne doit aucunément être assimilé à la règle spirituelle que le silence est d’or,règle monastique.

D’ailleurs l’application de cette règle universelle,vérifiable dans tous les ordres monastiques,est la traduction d’une conduite défensive consciemment acceptée,nécessaire pour poursuivre le développement spirituel, loin des turbulences des villes, notamment.

Que ce soit dans le monde occidental ou dans les autres sphères de la planète,cette règle est appliquée rigidement.

En psychanalyse,le silence du psychanalyste n’a pas du tout cette même dimension.

Elle s’inscrit dans une section trans-individuelle et inter-individuelle.

Car le sujet de la psychanalyse est inscrit dans une chaîne parlée qui le précédait avant sa naissance,et qui va le précéder avant son décès.

L’analyste va livrer à l’analysant des éléments langagiques après la fin de cure.

Car ces éléments étaient tellement insistants,avant la cure,que l’analysant ne pouvait plus les digérer dans son quotidien.

Les exemples ne manquent pas de ces faits répétitifs,de ces coïncidences,de ces personnes qui disent au même moment des dits que le patient dit tout bas,voire de ces souvenirs prémonitoires…

L’analyste constate mais ne donne pas de solutions.

C’est l’Autre qui interpelle,qui force dans la subjectivité.

L’être humain est dépendant d’une sorte de machine à écrire,que Lacan assimilait à une structure qui dépasse toutes les individualités.

 

L’appareil psychique ( II )

Freud utilise la notion d’appareil psychique pour éclairer une certaine complexité du fonctionnement mental.

Dans cette notion est esquissée de façon figurée,une vision du psychisme comme architecture vivante.

Les métaphores,les comparaisons dont Freud fait usage pour en rendre compte,vont des appareils optiques de la « Science du rêve »(1900),au modèle biologique de « Au-delà du Principe de plaisir »(1920),jusqu’aux références à la physique de l’ »Abrégé de psychanalyse »(1938).

Comme quoi ces approches freudiennes infirment complètement les dits de ses critiques à propos de la psychanalyse.

Car Freud avait une démarche essentiellement pluri-disciplinaire,à la fois dans le domaine des sciences exactes comme dans le domaine des sciences humaines.

Dès cette époque il critiquait le champ de ce qui allait devenir dans l’avenir les neurosciences,en affirmant que la notion d’appareil psychique ne saurait correspondre à une théorie de localisations cérébrales.Etant donné qu’elle est à saisir à l’intérieur de la métapsychologie psychanalytique,dans sa valeur heuristique propre.

La finalité de la psychanalyse est bien la science de la castration : car la primauté du signifiant sur le concept,démontre le caractère supérieur de la castration qui constitue une connaissance exceptionnelle,et par là même une approche délicate.

 

La psychanalyse n’oriente pas l’individu, mais est influencée par ce dernier.

Le titre doit être situé dans le contexte d’une sortie d’analyse réussie.

Car le sujet de la psychanalyse est inscrit dans une création active d’un langage en constant devenir.

Avant l’analyse,au cours de l’analyse et en fin d’analyse,on assiste à une explicitation du désir,véritable moteur de ce symbolique,règne du signifiant.

Avant l’analyse,le sujet cherche toutes les modalités pour parvenir à définir ces manifestations souterraines de son psychisme.

Durant la cure,malgré les résistances imaginaires insignifiantes,il cherche à rectifier le tir ,aidé en cela par le silence de l’analyste.

La fin de cure,véritable traversée du fantasme,voire traversée du désert,lui permet de détruire tous les montages de son existence.

S’il n’y a pas nécessairement prise de conscience d’une logique du passé,il y a obligatoirement compréhension que chaque étape de sa vie a été construite par lui-même,influencé par des déterminations évolutives.

Ces dernières s’emboîtent les unes les autres,après-coup.

Les erreurs du passé n’en deviennent plus,après la sortie de cure,tout comme les idées négatives qui animent le sujet de l’inconscient dans son quotidien.

Comment vouloir qu’erreurs ou idées noires aient prises dans un contexte évolutionniste objectif?

Quand le langage nous interpelle dans notre sommeil ou dans d’autres situations,par des inflations de pensées qui nous surprennent,n’a t-il pas que ce moyen là?

La nature a ses moyens propres pour sauvegarder les espèces comme le langage a les siens propres.

 

Désir et désir d’un désir

On retrouve dans l’analyse du désir,fondamental dans la psychanalyse,cette démarche à partir de ce fameux chiffre 3 qu’on avait vu dans l’étude des trois registres,des trois instances et des trois symptômes.

Car le désir s’appuie dans son avènement sur la sphère du besoin,dont il se détache par la suite, étant donné que son orientation propre est déterminée par son articulation à des signes,alors que le besoin,purement « basic »,est du domaine de la nécessité biologique.

Le désir s’écarte aussi de la demande,troisième élément constitutif de l’extériorité du sujet,qui n’est pas appel au désir d’autrui,mais exigence imaginaire d’amour et de reconnaissance inconditionnelle.

Besoin,demande et désir apparaissent comme des expressions du mode d’engagement du sujet humain dans l’extériorité dont il dépend tout le long de son devenir.

Mais entre la contrainte abrupte du besoin,et l’exigence déjà subjective de la demande il est nécessaire de percevoir l’incidence de la présence d’autrui,qui assoit sur sa dimension intersubjective une interaction retenue auparavent dans sa seule dimension biologique.

Le désir devient donc une quête permanente à l’intérieur du psychisme humain,par ses aspects poussifs qui ne cessent d’inquiéter le sujet de l’inconscient (aspect interne), jusqu’à l’obliger à prendre des mesures de remaniement en cascade intra-subjectivement, elles-mêmes tributaires d’un environnement halluciné.

Mais aussi dans son aspect externe il devient désir d’un désir,rencontre de deux désirs animés par le manque,autrement dit de la castration symbolique.Dans ce cas-là le désir ne se décrète pas,il s’impose aux deux sujets de l’inconscient dont le sens est à trouver dans le mouvement du langage, dans le mouvement des signifiants.

 

Réhabilitation des symptômes dans une détermination du langage

La psychanalyse s’entend dans sa réussite pour l’individu, comme étape d’un développement et comme forme d’organisation.

En d’autres termes,elle est présentée en même temps sous les aspects d’un modèle historique,comme succession de moments,et dans un sens structural comme ensemble d’éléments interdépendants qui déterminent un type de fonctionnement propre. Et il ne suffit pas pour résoudre la réussite de sortie de cure d’affirmer que c’est grâce à l’explicitation du développement et de l’organisation du sujet de l’inconscient, que tout s’explique pour lui.

Car tout s’inscrit pour l’individu dans une situation de détermination.

Et tout ne se résume pas à une influense pesante du passé, notamment infantile.

Ce serait une synthèse entre l’histoire et le structural qui déterminerait l’individu.

Qu’on est loin encore d’une conception uniquement structurale de l’inconscient,qui a prévalu dans les milieux universitaires des années 80,comme loin aussi d’une conception historiciste des psychanalystes classiques.

Sexualité,symptômes et autres,n’apparaissent pour l’individu que comme étrangetés,comme  le champ privilégié où se révèle son inadéquation à lui-même.

C’est l’Autre qui utilise ces étrangetés à nos insus et qui nous font agir inconsciemment sur une autre scène.

 

Autre ou grand autre

Il est à la fois déterminateur et fédérateur.

Car le sujet de l’inconscient ne doit sa position d’ existence que par rapport à la présence d’autrui.

C’est sa raison de vivre dans le sens.

Et quand on développe ce sens durant le processus cural,le patient ne le situe que par rapport aux autres.

Ce qui est fondamental là-dedans,c’est que l’intensité de la vie du patient n’est variable qu’en fonction de son intégration perceptive et intuitive vis-à-vis de l’altérité dont il dépend,qui détermine sa participation au groupe sociétal.

A partir de là on doit mesurer symptomatologiquement les dysfonctionnements psychiques, suivant en cela les degrés plus ou moins grand d’intégration et de participation au groupe social de l’individu.

Le rôle de la psychanalyse n’est là que pour confirmer la place déterminée du sujet de l’inconscient,et de communiquer à ce dernier cette connaissance déterminatrice.

La psychologie classique quant à elle cherche à intégrer le sujet dans le lieu social,en méconnaissant le rôle du sens qui ressurgira un jour ou l’autre immanquablement.

Ce ne sont pas les problèmes psychiques qui façonnent l’individu,mais bien la façon pour ce dernier de les digérer.

C’est Lacan qui disait que l’individu n’existe que par rapport à son symptôme auquel il tient à tout prix.

Quand on dit que l’Autre est fédérateur,il l’est en tant que lieu par rapport à des individus qui occupent des places indépendamment de leur rapport à la névrose,à la psychose ou à la perversion.

 

 

 

Le vocabulaire de la psychanalyse lacanienne

Même si le vocabulaire de Jacques Lacan est riche,il reste néanmoins compliqué.

D’aucuns prétendent qu’au lieu de coller à l’individu,ce vocabulaire colle à la terminologie.

Il faut reconnaître que les principales formations des psychanalystes sont à la fois médicale et philosophique.

Pour se résumer elles rapportent l’individu,ou le sujet de la psychanalyse,à une formule à trois,correspondant aux trois registres que sont le symbolique, l’imaginaire et le réel.

A ces trois registres,précèdent trois instances de l’appareil psychique que nous avons déjà développé:le ça,le moi et le surmoi.( à utiliser avec majuscules de préférence).

Et à ces trois registres et trois instances,il faut ajouter trois symptômes,qui sont la névrose,la psychose et la perversion.

Le problème se complexifie lorsque instances et registres sont en mouvement.

Parce que dans l’individu tout bouge via l’inconscient,dont la principale caractéristique est l’insistance de la chaîne signifiante:traduction de voix ou de pensées intérieures qui font surface dans le psychisme de l’individu.

Insistance de la chaîne signifiante,de la signification,qui a la particularité de se répéter jusqu’à déterminer le sujet de l’inconscient.

Dans l’imaginaire,c’est le règne du moi,de l’égo,et à fortiori de l’incompréhension.

Dans le symbolique, c’est le règne du désir.

Et enfin le réel,c’est le domaine de tout ce qui ne relève pas du désir régnant et imposant.

D’où la nécessité pour le sujet de l’inconscient d’organiser et d’agencer ce réel face à l’appréhension qu’il a pour ce dernier:les exemples ne manquent pas, qui vont des manies dans la tenue vestimentaire,des manies dans les travaux ménagers ou des programmations d’emploi du temps détaillées dans des agendas.

 

 

 

 

censure en psychanalyse

Pour avoir une vue concrète de l’inconscient,j’ai toujours proposé aux patients de se référer à cette série britannique »Le prisonnier »,dans laquelle sur mer on voit toujours émerger un grand ballon de couleur blanche qui ramène au large le fugitif.

La censure,en psychanalyse est de ce type.

Du fait que c’est un mécanisme inconscient.

Il y a en a d’autres.

Que le refoulement a créé.

La pratique de la cure analytique a toujours été marquée,suite à son déroulement,par ces censures,par ces trous de mémoire,par ces blancs,dont il faudrait chercher les compléments de sens dans les paroles des autres.

Là où elles prennent le plus leur efficacité.Car si le langage est inter-individuel et trans-individuel,il fait du sujet de l’inconscient un sujet dépendant de l’autre,de l’extériorité,du regard des autres,du paraître.

Ce langage dominé par la répétition des mêmes évènements et des mêmes situations,pourrait nous faire tenter de croire que sa programmation est faite par la main invisible d’un chef d’orchestre.

Il n’en est rien car le langage est effet de structure dont les éléments constitutifs sont la diachronie et la synchronie.

Ces deux éléments constitutifs crèent une logique compréhensive attirante et permanente pour des personnes intuitives regroupées en chapelles.

C’est oublier encore une fois que l’être humain a une vision déformée par un prisme que j’appelle l’équivoque,dans laquelle l’intuition et les croyances restent subjectives donc trompeuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

Psychanalyse et télépathie

Dans la psychanalyse lacanienne cela n’a rien de paradoxal, car on reconnaît l’interdépendance des relations humaines, comme d’ailleurs leurs solidarités.

Le bonheur des uns ferait-il le malheur des autres?

La télépathie relève du domaine de la science aussi surprenant que cela puisse paraître.

Nous avions parlé déjà du chiffre 3.

Or la télépathie serait véhiculée par le circuit du réel, à côté des deux autres registres qui rappelons-le sont l’imaginaire et le symbolique.

Nous avions dit que le symbolique était le royaume du signifiant et que l’imaginaire relevait du domaine de l’identifiant.

Le réel d’où débouche la télépathie quant à lui est le terrain de l’interférent.

Les jeux mathématiques liés aux matériaux qui les constituent,font que nous rentrons en interconnexion les uns les autres.

De là il n’est aucunément difficile de rentrer en contact les uns les autres cérébralement.

Mon expérience montre que ces interconnexions aux influences apparentes, sont très gênantes dans nos quotidiens.

Elles envahissent nos pensées éveillées ou endormies.

J’ai toujours affirmé,même pour ceux qui sont handicapés par cette situation,que le combat en vaut la chandelle.
Ce qui veut dire que plus vous êtes télépathés plus vous êtes riches intellectuellement.

Le problème des scientifiques qui s’adonnent à ce genre de pratique,c’est qu’ils ne comprendront jamais la primauté du signifiant sur le concept,en d’autres termes sa primauté sur l’identifiant et sur l’interférent.

Les psychanalystes lacaniens préféraient parler de forclusion de la castration,à l’égard de la démarche des scientifiques qui méconnaissent la suprématie de la castration.

Car le sujet de la psychanalyse est le sujet merveilleux de la castration.

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