Le trésor du signifiant 1

La conception lacanienne de l’inconscient est régie par les lois qui président dans le champ de la chaîne d’éléments matériels du langage que nous avons qualifié de signifiants,au sens linguistique du terme.

Et tous les signifiants viennent de l’Autre.

Comme ils trouvent tous leur origine dans l’Autre,on peut donc qualifier ce dernier de trésor du signifiant.

C’est Lacan qui avait dit qu’il ne pouvait pas y avoir d’Autre de l’Autre,autrement dit qu’il n’y avait pas de métalangage.

L’être humain trouve donc son origine et sa destination en lui-même.

Vient une demande chez tous les  analysants vainqueurs de leurs  sorties de cure,qu’est-ce-que l’Autre?

L’Autre ne désigne pas autrui avec qui entre en relation le sujet,mais prend un sens topique,comme foyer des coupures de la chaîne signifiante dont se constitue le sujet dans son discours,lieu d’émergence du sujet par un signifiant,qui ne le représente que pour un autre signifiant.

Ne concevoir l’Autre que comme dynamique du désir,que cause du désir,car c’est dans l’Autre que le sujet trouve à entendre le sens de son discours,et par là l’articulation de son désir,comme discours et comme désir de l’Autre.

L’être humain ne doit être considéré que comme sujet voué au désir.

Que les avatars de ce shéma ne soient pas les mêmes pour les deux sexes,n’affecte en rien la fonction désirante exclusive du sujet de l’inconscient,dans ce langage de suprématie du signifiant sur le concept.

 

Le sujet de l’inconscient 2

Pris incessamment dans une situation dans laquelle il est destitué, le sujet de l’inconscient vit continuellement dans un espace d’entre-deux.

Car il n’a jamais le temps de se dire, mais de « se médire » comme disait Jacques Lacan.

Dans ce dernier temps paradoxalement, il trouve le temps.

Comme si l’Autre le lui permettait,voire lui accordait ce temps de constatation.

Il faut le reconnaître, le sujet de l’inconscient ne réussit sa vie que posthumement.

Et encore il ne la réussit qu’à la seule condition qu’à un instant T il soit cité ou référencé à postériori, par des parlêtres proches(famille, par exemple) ou plus largement dans des discours intellectuels.

Jacques Lacan disait qu’il espérait avoir fait bouger les choses grâce à son bout d’inconscient.

Avant cette échéance brutale,le sujet de l’inconscient se cantonne positionnellement.

Situation inconfortable qu’il raffole par dessus tout,  dans ses contradictions internes.

Son égo ou narcissisme le pousse constamment à lui dire qu’il est un être prométhéen.

Avant d’intervenir publiquement Giscard d’Estaing demandait toujours à son entourage « Où sont les caméras? ».

 

Le flux signifiant 1

L’accès au symbolique,suite à l’opération du refoulement,fait entrer le sujet de l’inconscient dans une chaîne signifiante,qui a la particularité d’insister et de se répéter pour lui-même.

C’est le flux signifiant.

Ce flux est en mouvement continuel,dont la consistance est faite de désirs des uns et des autres.

Obligatoirement ce milieu ambiant signifiant va avoir comme finalité de nous influencer entre nous.

Jusqu’à nous faire perdre nos constitutions subjectives premières.

Ces dernières vont être en perpétuelles modifications notamment suivant les modes du moment,modes à comprendre au plan intellectuel et au plan matériel.

Indépendamment du passé infantile,on voit très bien que l’être humain va être constamment précipité dans des moments à reconsidérer et à remanier,sur le plan personnel.

Le psychanalyste va devoir placer tous ces dits adaptatifs dans une détermination symbolique,règne des désirs ou des signifiants.

Cette fonction doit se faire en tenant compte des ambiances sociétales,et obligatoirement dans une intersubjectivité.

Rappelons-nous que le sujet s’est constitué sujet symbolique infans,suite au refoulement originaire.

 

Déterminations (suite)

Il semblerait que le monde du discours de l’université en retiendrait trois:

1) détermination biologique,

2)détermination socio-culturelle,

3)détermination psychique.

Sans rentrer dans une hiérarchie insensée,la démarche psychique se démarque du fait de son domaine propre,qui ne contredit en rien la morphologie de la constitution d’un cerveau ni de l’influence d’un milieu culturel .

Et sa démarque est à inscrire entre les frontières du spirituel et du physique.

Lacan avait déjà développé dans ses séminaires que le psychique trouvait son origine dans le Verbe,dévié de son sens premier dans un monde en constant développement langagique,qui aboutissait à une technicisation matérialiste profonde,que nous connaissons maintenant.

Sur le problème de la jouissance ( détermination biologique ) il insistait sur le fait que les religieuses(« pas toutes » jouissaient spirituellement ).

Sans compter que le sujet de l’inconscient peut dialoguer ouvertement avec son intériorité.
Le Vatican dit que l’être humain parle directement avec Dieu.Dimension qui les différencie des chapelles diverses prônant une conception universelle par rapport à une dimension plus intimiste avec un être suprême (Dieu).

La vision de Lacan d’un quatrième rond dans le noeud borroméen qui en comporte trois (liés aux trois registres du symbolique,du réel et de l’imaginaire),traduit immanquablement cette dimension de recherche d’absolu.

Détermination socio-culturelle,détermination biologique,tout ce que l’on peut dire c’est que l’être humain est inscrit dans un mouvement « destinique » dont le sens doit être recherché chez les autres complémentairement.

La vérité des uns passe par la « vérité » des autres dans un langage qui a tout son temps pour insister.

 

 

 

 

 

Le réel en psychanalyse

Nous l’avions déjà évoqué en tant que registre à côté des deux autres registres qui sont l’imaginaire et le symbolique,et cela dans la catégorisation opérée par Jacques Lacan,dans le cadre de la relève structurale psychanalytique freudienne.

Quant à moi je préfèrerais parler de réactualisation théorique de la part de Jacques Lacan, du fait de l’apport de nouvelles démarches dans l’analyse,qui ont eu lieu après 1945.

Car la notion de réel va être importante dans la psychopathologie.

Rappelons que le réel est l’impossible.D’entrée de jeu il doit être différencié de la réalité qui est déformée par l’imaginaire,ce qui veut dire que la réalité est une donnée acceptée par l’interprétation que l’on en fait,jusqu’à en déterminer des règles valables pour tout le monde.Et c’est tout cet ensemble d’appréhension subjective des faits qui doit être différencié du réel, qui à l’opposé devient une notion objective.

Impossible,le réel a la caractéristique de s’imposer au sujet de l’inconscient.Etant donné que chez chaque être humain,il est cette partie de malédiction difficile à éjecter de soi-même,et qui refait sans cesse surface.

Sans rentrer dans la querelle théorique,qu’on analysera un autre jour,il est difficile de savoir si le réel a été exclu du symbolique ou s’il s’est exclu de lui-même lors de l’établissement du symbolique,durant la période du refoulement originaire par lequel tout le monde passe.Et d’autre part, il est difficile de savoir aussi si un fait non advenu à un moment donné dans le symbolique fait retour dans le réel et vice-versa. Pour l’heure on peut souligner que durant la cure,il est facile de faire admettre à un analysant qu’il existe des situations impossibles à solutionner.

Et cela tant sur le plan personnel que matériel,d’où le fait pour les êtres humains l’urgence d’agencer et d’organiser ce réel,afin de ne pas tomber dans l’appréhension à son égard.

 

L’être humain face à ses pathologies et ses symptômes

On avait déjà écrit dans ce blog , suite à la réflexion de Jacques Lacan , qu’un être humain en valait un autre , et que sa pathologie et son symptôme le différenciaient des autres. C’est pour cette raison que Lacan avait dit que par dessus tout l’individu tenait à son symptôme.D’où durant la cure les résistances motivées sur le plan de l’imaginaire , qui expliqueraient en partie ce constat. Cela démontrerait que certains vivraient avec d’énormes souffrances morales , tout en les supportant grâce à d’énormes artifices à défaut de sacrifices ; souvenons-nous des paroles de la chanson de Michel Berger sur Cézanne ,  que le bonheur est une épreuve d’artiste , interprétée par France Gall. D’où l’ entrée en analyse qui va s’avérer être une traversée du désert , idée à traduire en psychopathologie comme une traversée du fantasme , une traversée des montages d’existence. Ne nous y trompons pas , si l’être humain est complexe , c’est à sa consistance en trois états contradictoires qu’il le doit. Le réel , le symbolique et l’imaginaire constituent une structure humaine , où coexistent à l’intérieur un miroir et une image , un désir constant , et une pathologie envahissante en conflit permanent avec un territoire à délimiter avec la symptomatologie.

Bascule et psychanalyse

Le premier terme est souvent utilisé dans les « chapelles » à finalité ésotérique.

Il  sert plus simplement à traduire une réalité psychique du sujet de l’inconscient , dont le synonyme est la division du sujet ou spaltung dans la théorie freudienne.

De là cette expression de bascule pour faire « plus moderne »dans le jargon vulgarisé.

Inconsciemment ceux qui l’utilisent , l’appliquent en matière de communication , sans réfléchir à sa finalité dans le contexte de la manipulation.

En psychanalyse il y a belle lurette qu’on a observé que ceux qui manipulent se font manipuler sans le savoir , par eux-mêmes.

Car dans ce domaine , il faut considérer deux ensembles qui peu ou prou correspondent à la personnalité intérieure et à l’aspect extérieur de l’individu.

Si dans le premier cas , on assiste à des résultats positifs d’influençabilité , c’est l’aspect extérieur qui atténue leurs effets.

La raison c’est que le sujet de la psychanalyse dépend d’un ensemble dont tout le monde est membre, et que cet aspect macro-psychanalytique influence chacune des parties le comprenant.

Car tout le monde est obligé de passer par la castration , passage obligé qui fait de l’Autre une force fédératrice ; et comme il n’y a pas d’Autre de l’Autre , pas de métalangage , les manipulateurs ne peuvent que le constater sans le comprendre ; c’est l’avantage intellectuel que nous avons sur eux , sans que nécessairement nous nous en glorifions , étant donné que nous-même nous en dépendons.

Et pour finir ce qui complexifie encore plus les choses, c’est qu’on assiste à de véritables querelles de chapelle, matérialisées par toutes les idéologies qui ont dominé toute l’histoire de l’Humanité jusqu’à constituer de véritables écuries auxquelles plus personne ne croit .

 

Stade .

Il est possible de concevoir la notion de stade à la fois comme une étape génétique, une étape de développement psychosexuel de l’individu, et comme une forme d’organisation de son activité psychique .

Le stade du miroir ou stade du reflet va déboucher sur une conception d’une expérience primordiale dans la constitution  de l’être humain, source de narcissisme, faisant apparaître le Moi comme une instance aliénante . ( Il faut souligner que ce stade primordial commence dès les débuts de l’enfance, car ce dernier en prenant connaissance de sa silhouette va jubiler devant la glace sous le regard des autres .) .

Les différents moments de l’organisation psychique ne sont que l’expression d’états variables d’une structure, selon le degré d’intégration ou de désintégration dans lequel elle se trouve .

Ces prémisses émises, on va assister chez chaque individu à une variabilité des assises des plus structurantes vers celles qui aboutissent à des destructurations totales et complètes indépendamment des différents milieux sociaux , à cause du poids de la méconnaissance liée à l’égo et surtout au manque récurrent subjectif .

Ce stade-là est notable chez les retraités âgés, qui suivant leur expression ont fait beaucoup avancé les choses mais dont personne ne se souvient des résultats; et pour cause c’est en fin de vie que l’on se trouve face au temps pour conclure . Et très peu de personnes vont en faire une synthèse intellectuelle très satisfaisante .

Fallait-il réussir sa vie ou réussir dans la vie ? ( Lire le dernier discours de Martin Luther King ) .

Interdit et tabou

Indépendamment de l’aide de la religion ou de la philosophie , on doit noter que certains interdits et tabous se vérifient universellement , spatialement (dans toutes les parties du monde des plus primitives aux plus modernes ) , et temporellement ,  là aussi dans les plus anciennes civilisations comme dans les plus modernes .

Il appartient à Freud d’avoir révélé la genèse des interdits et des tabous caractérisée par les caractères d’obéissance à la loi,et désir persistant de sa transgression .

Universellement on peut les résumer en tant que condamnation de la conduite cannibale , de la sexualité incestueuse et de l’acte meurtrier .

Il va de soi que les dérogations à ces principes se retrouvent soit dans des mythes soit dans la pratique guerrière de certaines tribus hyper-primitives ,  qui dans ce dernier cas ne percevaient pas la fonction de l’opération de refoulement ,  comme constitutive du sujet de l’inconscient .

Le renvoi au mythe du meurtre du père de la horde primitive , dévoré par ses fils , qu’un désir incestueux animait , thèse défendue par Charles Darwin , relève d’une tentative saisissante d’articuler sur un axe unique du sens des trois grandes interdictions qui frappent le cannibalisme , l’inceste et le meurtre . Elles sont des barrières posées contre le retour éventuel de l’abomination , mais aussi des signes de sa mémoire.

Il faut donc voir dans  le mythe scientifique du père et de la horde primitive  et de son meurtre par les fils , le fondement sur le plan phylogénétique de ce dont la situation oedipienne est la confirmation sur le plan ontogénétique : le lien intime entre la loi comme interdit de l’inceste et le désir humain qui se dresse en contrepoint . C’est ce qui crée le sujet de l’inconscient comme sujet désirant .

L’intérêt de ces deux notions permet de nous introduire au plan théorique sur le terme de réel difficilement appréhendable chez Jacques Lacan.

En effet cela a permis d’aboutir à une lecture de l’ensemble des interdits et des tabous propres à chaque société comme système de classifications qui traduirait une organisation de ce réel à toutes sociétés . Il constituerait le réseau symbolique, la logique suivant laquelle elles tissent leur appréhension du réel, en vue de mieux agencer ce dernier .

Car dans le réel il s’agit bien de peur . Peur peut-être du vide ?

 

 

Psychanalyse et durée

La parole libérée dans le cadre de la cure analytique impose un recul important de la part de l’analyste ,  pour étudier l’enchevêtrement de faits vécus par l’analysant tout le long de son  devenir , à travers ses dits.

C’est ce qu’on appelle s’atteler à l’étude des déterminations symboliques.

Les faits peuvent venir de façons objectives comme les évènements ou les aléas , ou aussi de manières plus subjectives par l’intermédiaire de l’action ou de l’inaction de personnages plus ou moins proches.

Le silence de l’analyste n’existe que dans le cadre d’une préoccupation d’agencer ces faits ,  non pas pour leur donner une logique de développement qu’ils n’auront jamais ,  mais bien de les rapporter à l’inhérence de la personnalité même de l’analysant ,  dans ce qu’il a dû supporter tout le long de son devenir.

En d’autres termes ce ne sont pas les faits qui font les individus mais bien ces derniers qui vont orienter les faits afin de les intégrer dans des chaînons de significations inter-subjectives , et cela de manière inconsciente.

Et ces chaînons continueront ensuite à produire des effets chez les autres. C’est pour cette raison que Jacques Lacan comparait les individus à des signifiants , comme éléments constitutifs d’un langage à décrypter , qui s’influencent les uns les autres.

La sortie de cure avec la durée ,  permet  de disséquer cet évolutionnisme objectif  inhérent à chaque individu , et de faire comprendre que l’influence qui en sort ,  à de quoi surprendre l’analysant , ce  qui le conduira obligatoirement à reconsidérer son assise relationnelle de proximité ou plus éloignée.

 

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